Modification des statuts

Les statuts sont la constitution de votre société. Ils définissent ses règles fondamentales : sa forme juridique, son objet, son capital, sa gouvernance, les droits des associés. Certains événements de la vie d'une entreprise — croissance, changement d'associés, transformation de la forme juridique, modification du capital — nécessitent de les faire évoluer. Ce guide vous explique quand modifier les statuts, selon quelle procédure et avec quelles formalités.

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Quand faut-il modifier les statuts ?

Les statuts doivent être modifiés chaque fois qu'un élément substantiel change dans la vie de la société. Les principales situations :

Modifications obligatoires :

  • Changement de dénomination sociale
  • Changement de siège social (si le nouveau siège est dans un autre département pour une SARL)
  • Modification de l'objet social
  • Augmentation ou réduction du capital social
  • Transformation de la forme juridique (SARL → SAS, SAS → SA, etc.)
  • Fusion, scission ou apport partiel d'actif
  • Prolongation ou réduction de la durée de la société
  • Dissolution anticipée

Modifications fréquentes mais non systématiquement obligatoires :

  • Changement de gérant ou de président (mentionné dans les statuts si désigné statutairement)
  • Entrée ou sortie d'associés (si les statuts organisent la cession des parts)
  • Modification des pouvoirs du gérant ou des règles de gouvernance

La procédure de modification : AGE ou décision unilatérale

En SARL

Les modifications statutaires relèvent de la compétence de l'Assemblée Générale Extraordinaire (AGE), sauf exceptions prévues par les statuts.

Le quorum et la majorité :

  • Pour les SARL constituées avant le 4 août 2005 : quorum de la moitié des parts au premier vote, pas de quorum au second ; majorité des 2/3 des parts présentes ou représentées.
  • Pour les SARL constituées après le 4 août 2005 : pas de quorum légal obligatoire (sauf statuts contraires) ; majorité des 2/3 des parts.
  • Exception : changement de nationalité et transformation en SNC : unanimité des associés requise.

Pour l'EURL (associé unique) : la décision est prise unilatéralement par l'associé unique, reportée dans le registre des décisions.

En SAS

La SAS offre une grande liberté statutaire : la procédure de modification des statuts est librement définie dans les statuts eux-mêmes (quorum, majorité, organe compétent). À défaut, la décision appartient aux actionnaires. Certaines décisions nécessitent l'unanimité sauf disposition contraire dans les statuts : augmentation des engagements des associés, transformation en SNC.

Pour la SASU : décision unilatérale de l'associé unique.


Les modifications les plus courantes

Le changement de dénomination sociale

Changer le nom de votre société implique de vérifier la disponibilité du nouveau nom (base INPI, registre du commerce), de modifier les statuts, de publier une annonce légale et de déposer la modification sur le guichet unique.

Toute la documentation de l'entreprise devra être mise à jour : Kbis, tampons, papier en-tête, site web, contrats en cours (par avenant si nécessaire).

La modification de l'objet social

L'objet social définit les activités que la société peut légalement exercer. Si vous développez une nouvelle activité non prévue dans les statuts actuels, une modification de l'objet est nécessaire pour couvrir légalement cette activité.

Conseil : rédigez un objet social suffisamment large dès la création ("et plus généralement toutes opérations commerciales, industrielles et financières se rattachant directement ou indirectement à l'objet ci-dessus") pour éviter des modifications futures pour chaque évolution de l'activité.

Le changement de siège social

Dans le même département (ou un département limitrophe pour les SARL) : décision du gérant ou du président possible si les statuts le prévoient, sans AGE obligatoire.

Vers un autre département : AGE obligatoire en SARL. En SAS, selon les statuts.

Le changement de siège entraîne une modification de la compétence territoriale du tribunal de commerce.

L'augmentation de capital

L'augmentation de capital peut se faire par :

  • Apports en numéraire : les nouveaux fonds apportés par les associés existants ou de nouveaux entrants
  • Apports en nature : apport d'un bien (matériel, fonds de commerce, immeuble) dont la valeur est évaluée par un commissaire aux apports (obligatoire dans certains cas)
  • Incorporation de réserves : transformation de réserves comptables en capital social (sans apport nouveau)

En SARL avec apport en numéraire, les associés existants bénéficient d'un droit préférentiel de souscription proportionnel à leurs parts actuelles — sauf renonciation en AGE.

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La réduction de capital

La réduction de capital peut être motivée par des pertes (pour rétablir l'équilibre entre le capital et les capitaux propres), par le rachat de ses propres parts ou actions, ou par la volonté de rembourser une partie du capital aux associés.

La réduction de capital non motivée par des pertes (remboursement aux associés) est soumise à une procédure de protection des créanciers : publication dans un journal d'annonces légales avec délai d'opposition de 20 jours.

La transformation de forme juridique

La transformation est l'opération par laquelle une société change de forme juridique sans dissolution ni création d'une nouvelle entité. Les principaux cas :

SARL → SAS : transformation très fréquente, motivée par la souplesse de gouvernance de la SAS et la possibilité d'émettre des BSPCE. Requiert la décision de l'AGE aux conditions des statuts et la désignation d'un commissaire à la transformation (pour vérifier que les capitaux propres sont au moins égaux au capital social).

SAS → SA : pour les projets nécessitant une structure plus formelle ou anticipant une introduction en bourse.

EURL → SARL ou SASU → SAS : accueil d'un nouvel associé.


La procédure formelle étape par étape

1. La décision collective

Convocation des associés/actionnaires selon les formes prévues dans les statuts (délai, mode de convocation), tenue de l'assemblée (ou vote par correspondance si les statuts le permettent), rédaction du procès-verbal constatant la décision.

2. La mise à jour des statuts

Rédaction des statuts mis à jour, intégrant les modifications décidées en assemblée. Pour les modifications complexes (transformation, fusion, augmentation de capital avec BSPCE), l'intervention d'un avocat est recommandée.

3. La publication d'une annonce légale

Toute modification statutaire doit faire l'objet d'une publication dans un journal d'annonces légales (JAL) habilité dans le département du siège social. Cette publication est obligatoire et préalable à l'enregistrement de la modification.

Depuis 2022, la publication peut aussi se faire sur les plateformes en ligne habilitées (annonces-legales.fr, legalnews.fr, etc.) à des tarifs forfaitaires réglementés.

4. Le dépôt sur le guichet unique

La modification est déclarée sur formalites.entreprises.gouv.fr avec les pièces justificatives :

  • Procès-verbal d'assemblée (ou décision unilatérale)
  • Statuts mis à jour (version signée et datée)
  • Attestation de parution de l'annonce légale
  • Formulaire M2 (modification) complété

5. Le délai de traitement

Le nouveau Kbis mentionnant la modification est généralement disponible sous 5 à 15 jours ouvrés selon le greffe et la nature de la modification.


Les coûts d'une modification statutaire

Poste Coût approximatif
Annonce légale 150 à 300 € selon la modification
Frais de greffe 50 à 200 € selon la nature
Honoraires avocat ou LegalTech 300 à 2 000 € selon la complexité
Commissaire à la transformation (si requis) 1 000 à 3 000 €

Les LegalTech (Legalstart, Captain Contrat, Indy) proposent des services de modifications statutaires guidées, plus accessibles que les cabinets traditionnels pour les opérations simples.


Pour anticiper les modifications liées à l'entrée d'un investisseur ou d'un associé, consultez notre page sur le pacte d'associés. Pour les questions fiscales liées à une transformation de forme juridique, consultez votre expert-comptable.

Disclaimer

Ces informations sont à titre indicatif. Consultez un expert-comptable, un avocat ou un conseiller juridique pour toute décision.