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Financements, valorisation, levée de fonds et dispositifs fiscaux pour investir intelligemment.

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Sources de financement

Le financement d'une entreprise repose rarement sur une source unique. La plupart des levées de fonds réussies combinent plusieurs instruments complémentaires, adaptés à la maturité du projet et au profil de risque de l'entreprise.

La dette bancaire

Le prêt bancaire reste la première source de financement externe des entreprises françaises. Il est particulièrement adapté pour financer des actifs tangibles (immobilier, machines, véhicules) dont la valeur peut servir de garantie, ou pour accompagner une croissance dont les flux de trésorerie futurs sont prévisibles et suffisants pour assurer le remboursement.

Les banques évaluent la capacité de remboursement de l'entreprise sur la base de ses comptes historiques, de ses projections financières et de la qualité du management. Un ratio dette nette / EBITDA inférieur à 3 est généralement considéré comme confortable.

Pour faciliter l'accès au crédit, notamment pour les jeunes entreprises sans historique long, Bpifrance propose des garanties partielles (jusqu'à 70 % du prêt) qui réduisent le risque perçu par les banques commerciales.

Les business angels

Les business angels sont des investisseurs individuels qui apportent des fonds propres à des entreprises en phase de démarrage ou de développement précoce, en échange d'une participation au capital. Au-delà du financement, ils apportent souvent leur réseau, leur expérience sectorielle et leur accompagnement stratégique — ce que l'on appelle le "smart money".

Les tickets d'investissement varient généralement de 20 000 € à 500 000 €, seul ou en syndicat avec d'autres business angels. Les réseaux de business angels (France Angels, Réseau Business Angels des Grandes Écoles, réseaux régionaux) constituent le premier point de contact.

Le capital-risque (Venture Capital)

Le capital-risque s'adresse aux startups et entreprises à fort potentiel de croissance dont le modèle est scalable. Les fonds de VC prennent des participations minoritaires en échange de capitaux, avec une horizon de sortie (IPO, cession industrielle) généralement compris entre 5 et 10 ans.

Les montants levés vont de quelques centaines de milliers d'euros (amorçage, seed) à plusieurs dizaines de millions d'euros (séries A, B, C et au-delà). La sélectivité est extrême : les fonds reçoivent des milliers de dossiers par an et n'en financent qu'un très petit nombre.

Un tour de table avec un fonds de VC implique des négociations importantes sur la valorisation, les droits préférentiels, les clauses de liquidité et les pactes d'actionnaires. Se faire accompagner par un avocat d'affaires spécialisé est indispensable.

Le crowdfunding et le crowdlending

Les plateformes de financement participatif permettent de lever des fonds auprès d'un large public, en contrepartie d'une récompense (don contre don), d'une participation au capital (equity crowdfunding) ou d'un remboursement avec intérêts (crowdlending).

  • Le crowdlending (October, Younited Credit, etc.) offre des conditions souvent plus souples que les banques pour des montants allant de 30 000 € à plusieurs millions d'euros, avec des taux d'intérêt reflétant le risque perçu.
  • L'equity crowdfunding (WiSEED, Anaxago, Tudigo, etc.) permet d'ouvrir son capital à une communauté d'investisseurs particuliers. Il offre également un effet de communication et de validation de marché non négligeable.

Le love money

Le financement par l'entourage personnel (famille, amis) est souvent la première source de capital d'un entrepreneur. Accessible rapidement et sans les contraintes des investisseurs institutionnels, il doit néanmoins être formalisé par des documents juridiques clairs (reconnaissance de dette, contrat de prêt ou entrée au capital) pour éviter les conflits futurs.

Les obligations convertibles et les BSA

Les obligations convertibles (OC) et les bons de souscription d'actions (BSA) sont des instruments hybrides permettant à un investisseur d'apporter des fonds sous forme de dette, convertible en actions à une date future ou lors d'un événement déclencheur (prochain tour de table, introduction en bourse). Ils sont particulièrement utilisés dans les phases d'amorçage pour éviter de devoir valoriser une entreprise trop jeune.


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Aides publiques

La France dispose d'un écosystème d'aides publiques au financement des entreprises parmi les plus développés d'Europe. Les connaître et savoir les mobiliser représente un avantage compétitif réel.

Bpifrance

Bpifrance est la banque publique d'investissement de référence. Elle intervient à tous les stades de la vie de l'entreprise :

  • Prêts et garanties : prêt sans garantie (PSG), prêt de développement, garantie de prêts bancaires
  • Investissement en fonds propres : via ses fonds d'amorçage, de capital-risque et de capital-développement
  • Aides à l'innovation : subventions et avances remboursables dans le cadre du programme French Tech, des concours I-Lab et des appels à projets thématiques

Les collectivités territoriales

Régions, départements et intercommunalités proposent leurs propres dispositifs d'accompagnement et de cofinancement. Les priorités varient selon les territoires (transition énergétique, numérique, agriculture, tourisme) mais les montants peuvent être significatifs. La CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie) de votre région est le premier interlocuteur pour identifier les dispositifs disponibles.

Le Crédit d'Impôt Recherche (CIR) et le Crédit d'Impôt Innovation (CII)

Le CIR permet aux entreprises réalisant des dépenses de recherche et développement de bénéficier d'un crédit d'impôt égal à 30 % des dépenses éligibles (jusqu'à 100 M€) et 5 % au-delà. C'est l'une des aides fiscales les plus puissantes disponibles en France pour les entreprises innovantes.

Le CII est réservé aux PME et porte sur les dépenses d'innovation (prototypage, tests, propriété intellectuelle). Le taux est de 20 % des dépenses éligibles, dans la limite de 400 000 € par an.

L'ACRE et l'ARCE

Réservées aux créateurs et repreneurs d'entreprise, ces aides ont été présentées dans la rubrique Création. Elles constituent néanmoins un levier de financement à ne pas négliger dans le plan de trésorerie des premières années.

Les fonds européens

Les fonds structurels européens (FEDER, FSE+) financent de nombreux projets d'investissement des entreprises, notamment dans le cadre de la transition numérique et écologique. Leur accès passe généralement par les régions, qui gèrent les programmes opérationnels régionaux.


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Pilotage & rentabilité

Investir sans mesurer le retour sur investissement revient à naviguer sans boussole. Le pilotage financier est une discipline de rigueur qui protège l'entreprise contre les décisions guidées par l'intuition seule.

Calculer le seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité (ou point mort) est le niveau de chiffre d'affaires à partir duquel l'entreprise couvre l'ensemble de ses charges et commence à générer du bénéfice. Son calcul repose sur la distinction entre charges fixes (indépendantes du volume d'activité) et charges variables (proportionnelles au chiffre d'affaires) :

Seuil de rentabilité = Charges fixes / Taux de marge sur coûts variables

Connaître son seuil de rentabilité permet de fixer des objectifs commerciaux réalistes, d'anticiper les besoins en trésorerie et de mesurer la marge de sécurité dont dispose l'entreprise.

Les tableaux de bord financiers

Un tableau de bord financier efficace suit au minimum les indicateurs suivants :

  • Le chiffre d'affaires et son évolution mensuelle vs N-1 et vs budget
  • La marge brute et le taux de marge par ligne de produit ou de service
  • L'EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissements) : indicateur de la performance opérationnelle de l'entreprise, indépendamment de sa structure financière et de sa politique d'investissement
  • Le BFR (Besoin en Fonds de Roulement) et les délais de paiement clients/fournisseurs
  • La trésorerie disponible et les flux de trésorerie prévisionnels à 13 semaines

Valoriser son entreprise

La valorisation d'une entreprise est à la fois une science et un art. Elle intervient lors d'une levée de fonds, d'une cession, d'une transmission familiale ou d'un contentieux entre associés. Les principales méthodes sont :

  • La méthode des multiples : valorisation basée sur un multiple de l'EBITDA ou du chiffre d'affaires, par comparaison avec des transactions récentes dans le secteur. C'est la méthode la plus utilisée en pratique pour les PME.
  • L'actualisation des flux de trésorerie (DCF) : valorisation basée sur la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs attendus. Plus théorique, elle est davantage utilisée pour les entreprises de croissance.
  • L'actif net réévalué (ANR) : valorisation basée sur la valeur des actifs de l'entreprise à leur valeur de marché. Pertinente pour les entreprises à fort actif (holding, immobilier).

Due diligence

La due diligence est le processus d'audit approfondi réalisé avant une opération d'acquisition ou d'investissement. Elle couvre les dimensions financières, juridiques, fiscales, sociales, commerciales et techniques de la cible. Son objectif est d'identifier les risques non apparents, de valider les hypothèses du business plan et de fournir les bases de la négociation finale.


Utilisez notre calculateur de seuil de rentabilité pour modéliser vos scénarios ou consultez notre panorama des financements pour identifier les dispositifs adaptés à votre stade de développement.

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