Au-delà des aides à l'alternance et des exonérations générales, plusieurs dispositifs ciblent spécifiquement deux populations particulièrement concernées par les difficultés d'accès à l'emploi : les seniors (55 ans et plus) et les jeunes sans qualification ou éloignés du marché du travail. Ces dispositifs combinent souvent une aide financière directe pour l'employeur et un accompagnement renforcé pour le salarié. Ce guide vous présente les principaux mécanismes disponibles en 2025.
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Les dispositifs pour l'emploi des seniors
Le contexte
Les salariés de 55 ans et plus sont surreprésentés dans les chiffres du chômage de longue durée. Leur expérience est précieuse mais leur employabilité est parfois sous-estimée par les recruteurs, en partie à cause de préjugés liés à l'âge. La législation interdit toute discrimination à l'embauche fondée sur l'âge — et plusieurs dispositifs incitent positivement les employeurs à recruter des profils seniors.
Le CDI Senior (CDI Inclusion)
Depuis la réforme du marché du travail, les entreprises de travail temporaire d'insertion (ETTI) peuvent proposer des CDI Inclusion à des demandeurs d'emploi de longue durée de plus de 57 ans. Ce contrat à durée indéterminée permet au salarié de travailler dans des entreprises clientes (en missions temporaires) tout en bénéficiant de la stabilité d'un CDI.
Pour l'entreprise utilisatrice : elle bénéficie d'une main-d'œuvre expérimentée sans les contraintes d'un recrutement permanent, avec une facturation similaire à l'intérim classique.
Les aides AGEFIPH pour les seniors handicapés
L'AGEFIPH (Association de Gestion du Fonds pour l'Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées) propose des aides spécifiques pour l'embauche de travailleurs handicapés, sans condition d'âge. Mais pour les seniors handicapés, les aides sont cumulables : aide à l'insertion professionnelle (AIP), aide à l'adaptation du poste, aide à la formation.
L'accord senior en entreprise
Les entreprises de 300 salariés et plus (ou appartenant à un groupe de plus de 300 salariés) doivent être couvertes par un accord collectif ou un plan d'action en faveur de l'emploi des seniors. Cet accord doit définir des objectifs chiffrés et des actions dans des domaines tels que le recrutement de salariés âgés, l'anticipation des carrières, l'aménagement des fins de carrière.
Les entreprises non couvertes par un tel accord sont soumises à une pénalité de 1 % de la masse salariale. Ce dispositif concerne principalement les grandes structures, mais les PME de 50 à 300 salariés ont intérêt à y réfléchir si elles souhaitent structurer leur politique de gestion des âges.
La retraite progressive
Depuis 2022, la retraite progressive a été étendue et simplifiée. Elle permet à un salarié d'au moins 60 ans (sous conditions de durée de cotisation) de passer à temps partiel tout en commençant à percevoir une fraction de sa pension de retraite.
Pour l'employeur, c'est une opportunité de fidéliser un collaborateur expérimenté dans une phase de transition, de transférer ses compétences aux équipes plus jeunes, et de réduire progressivement sa masse salariale sans rupture brutale.
Le cumul emploi-retraite
Un retraité peut reprendre une activité salariée après liquidation de sa retraite, sans plafond de cumul (depuis la réforme de 2023). Il cotise aux régimes de retraite mais sans acquérir de nouveaux droits dans la plupart des cas.
Pour l'employeur, recruter un retraité expert est une solution souple : la relation peut prendre la forme d'un CDD, d'un CDI ou d'une mission de consultant selon les besoins. C'est une ressource particulièrement précieuse pour transmettre des savoir-faire rares ou occuper des postes à forte expertise sur des durées définies.
Les dispositifs pour l'emploi des jeunes
Les contrats aidés — PEC (Parcours Emploi Compétences)
Le PEC est un contrat aidé destiné aux personnes éloignées du marché du travail : jeunes sans qualification, demandeurs d'emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA. Il est principalement mobilisé dans le secteur non marchand (associations, collectivités, établissements publics) mais peut concerner certaines entreprises.
Pour l'employeur : prise en charge de 50 à 95 % du SMIC selon le profil du bénéficiaire et la situation locale. En contrepartie, l'employeur s'engage à offrir un accompagnement réel (tutorat, formation) visant l'insertion durable.
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Durée : 6 mois à 2 ans, renouvelable.
Comment y accéder : prise de contact avec France Travail qui identifie les bénéficiaires éligibles dans votre bassin d'emploi.
Le CIVIS — Contrat d'Insertion dans la Vie Sociale
Le CIVIS n'est pas directement une aide à l'employeur mais accompagne les jeunes de 16 à 25 ans en difficulté vers l'emploi via les Missions Locales. Pour le recruteur, les jeunes suivis en CIVIS bénéficient d'un accompagnement renforcé qui facilite leur intégration en entreprise.
Les emplois francs
Les emplois francs permettent à tout employeur du secteur privé de bénéficier d'une aide financière pour l'embauche d'un demandeur d'emploi résidant dans un QPV (Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville).
Montant de l'aide :
- 5 000 €/an pendant 3 ans pour un CDI (soit 15 000 € au total)
- 2 500 €/an pendant 2 ans pour un CDD d'au moins 6 mois
L'aide est versée par France Travail sous condition de maintien du contrat. Aucune condition sur le type de poste ni sur la qualification du candidat — seule la résidence en QPV est requise.
Comment en bénéficier : déposer une demande sur le site de France Travail dans les 2 mois suivant l'embauche.
Le VTE — Volontariat Territorial en Entreprise
Destiné aux jeunes de moins de 30 ans, le VTE permet à des jeunes diplômés de moins de 30 ans de réaliser une mission de 6 à 24 mois dans une PME ou ETI implantée dans un territoire rural ou une ville moyenne. L'entreprise bénéficie d'un accompagnement et d'une aide financière selon les dispositifs régionaux.
La Garantie Jeunes (aujourd'hui intégrée dans le CEJ)
Le Contrat d'Engagement Jeune (CEJ), lancé en 2022 en remplacement de la Garantie Jeunes, accompagne les jeunes de 16 à 25 ans (29 ans pour les personnes en situation de handicap) ni en emploi, ni en formation, ni en études (NEET). Il prévoit un accompagnement intensif par les Missions Locales ou France Travail et une allocation mensuelle de 528 €.
Pour les employeurs, les jeunes en CEJ sont des profils motivés à trouver un emploi rapidement, accompagnés par des conseillers qui peuvent faciliter la mise en relation et le suivi de l'intégration.
Le service civique comme passerelle
Bien que non financé par l'employeur, le service civique est une expérience que de nombreux jeunes valorisent sur leur CV. Les recruteurs apprécient généralement les candidats ayant effectué un service civique pour leur engagement, leur autonomie et leur capacité d'adaptation.
Cumuler les dispositifs : la stratégie optimale
Plusieurs de ces dispositifs sont cumulables entre eux ou avec d'autres aides générales :
- Un jeune en QPV embauché en CDI bénéficie des emplois francs (5 000 €/an × 3 ans) + la réduction générale des cotisations patronales (si son salaire est proche du SMIC)
- Un jeune en alternance en QPV peut cumuler l'aide à l'embauche d'un apprenti (6 000 € la 1ère année) avec certaines aides régionales
- Une entreprise recrutant son premier salarié peut bénéficier d'une exonération totale de cotisations patronales pendant 12 mois (exonération TPE 1er salarié) quel que soit l'âge du recruté
Conseil pratique : avant chaque recrutement, consultez votre conseiller France Travail ou votre expert-comptable pour identifier l'ensemble des aides cumulables. La cartographie des aides évolue régulièrement et les montants peuvent changer d'une année sur l'autre.
Pour comprendre les coûts et aides à l'embauche dans leur globalité, consultez notre page sur le calcul du coût d'un salarié. Pour l'embauche de jeunes en alternance, consultez notre guide sur le contrat d'apprentissage.
Disclaimer
Ces informations sont à titre indicatif. Consultez un expert-comptable, un avocat ou un conseiller juridique pour toute décision.